Un enterrement juif sans rabbin?

Lorsqu’on habite loin de la capitale, lorsqu’on veut un enterrement qui ait du sens et qu’on n’a pas trouvé de rabbin disponible, que peut-on faire pour que l’enterrement se passe bien et puisse témoigner de l’identité du défunt et de ses proches, témoigner de ses valeurs?

Le/la rabbin joue un rôle important. Il canalise l’assistance, fait une place à chacun.e, guide, écoute, et dirige les prières en hébreu. Surtout, il procède à l’éloge funèbre. Ce moment particulier permet de parler du défunt et de donner sa juste place à sa vie, à ce qu’il a amené au monde, à ce qu’il a enseigné à ses proches. Ce texte l’inscrit “dans le réseau de la vie”.
Il est donc préférable d’être accompagné de façon sensible et éclairée par quelqu’un qui sait s’adresser aux endeuillés et qui maîtrise les différentes façons de procéder à la cérémonie d’une façon à la fois traditionnelle et souple pour les cas spécifiques.

Il n’y a pas de “tout ou rien” dans le judaïsme. Faire le Kadich sur la tombe, c’est déjà bien. Il suffit de télécharger la feuille en translittération sur le lien suivant: Kadich des endeuillés. Le Kadich se fait autour de la tombe, après que le cercueil ait été descendu et un peu de terre jetée dessus.

Un conseil: téléchargez directement la feuille de psaume utilisée pour la participation des assistants pour pouvoir suivre les propositions/instructions suivantes: feuille pour les enterrements surmelin (word), feuille pour les enterrements surmelin (PDF)

Si c’est possible, voici comment on peut procéder:

1 – Cortège à pied derrière le corbillard en marchant lentement jusqu’à la tombe. Si on peut, on dit le psaume 90 en hébreu ou en français pendant le trajet.
2 – Une fois arrivé près de la tombe, le cortège s’arrête, on installe le cercueil sur des tréteau, on lit ensemble des textes traditionnels en hébreu ou on peut lire simplement en français les textes de la feuille que vous avez téléchargée. On peut demander aux uns et aux autres de lire chacun l’un de ces textes.
3 – Certaines personnes qui ont préparé un petit mot à la mémoire du défunt peuvent le dire à ce moment.
4 – Une personne désignée dit le “El maléh RaHamim” (voir en fin de page).
5 – Ensuite les endeuillés puis l’assistance passe devant la tombe pour mettre un peu de terre, accomplissement ainsi concrètement de façon symbolique leur devoir de procéder à l’enterrement.
6 – Les endeuillés disent ensuite le Kadich et l’assemblée leur répond. La cérémonie est alors terminée. On annonce où et quand on se retrouve après, pour un moment de rapprochement, pour allumer la bougie de 7 jours, pour la chiva, et pour la récitation du kadich à la synagogue.
7 – En sortant du cimetière, on se lave les mains à l’eau claire pour marquer la transition et le retour à la vie pour l’assistance, ou l’entrée dans la période des 7 jours pour les endeuillés. On donne de l’argent à la tsédaka à ce moment ou un peu plus tard, pour une synagogue ou pour soutenir des associations qui reflètent les valeurs du défunt.

On peut noter que dire les prières en français est très bien également, le Kadich est justement en araméen pour qu’il soit accessible facilement à tous, en effet l’araméen était la langue dominante pour les juifs à l’époque de la rédaction du Kadich.

Bien sur, il est plus simple de faire venir un rabbin. Il faut savoir cependant que pour le judaïsme la mort n’est pas un sacrement, et que les personnes les plus importantes en l’occurrence sont les endeuillés, qui ont pour mission de dire le Kadich. Il est bon de prévoir de rendre visite à un rabbin et de faire une visite à la synagogue pour être également entouré particulièrement par la communauté.

Il existe d’autres pratiques qui ne sont pas mentionnées ici, mais c’est déjà l’essentiel, et cela permet à chacun de choisir une cérémonie juive.

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El Malé raHamim

אֵל מָלֵא רַחֲמִים שׁוֹכֵן בַּמְּרוֹמִים, הַמְצֵא מְנוּחָה נְכוֹנָה עַל כַּנְפֵי הַשְּׁכִינָה בְּמַעֲלוֹת קְדוֹשִׁים וטְהוֹרִים כְּזוֹהַר הָרָקִיעַ מַזְהִירִים אֶת נִשְׁמַת פלוני בן פלוני שֶׁהָלַךְ לְעוֹלָמוֹ, בַּעֲבוּר שֶׁנָדְבוּ צְדָקָה בְּעַד הַזְכָּרַת נִשְׁמָתוֹ, לָכֵן בַּעַל הָרַחֲמִים יַסְתִּירֵהוּ בְּסֵתֶר כְּנָפָיו לְעוֹלָמִים, וְיִצְרֹר בִּצְרוֹר הַחַיִּים אֶת נִשְׁמָתוֹ, ה’ הוּא נַחֲלָתוֹ, וְיָנוּחַ בְּשָׁלוֹם עַל מִשְׁכָּבוֹ, וְנֹאמַר אָמֵן:

Dieu, tu qui es d’une bienveillance inépuisable, et qui réside dans ce qu’il y a de plus haut, trouve un lieu de repos juste sous les ailes de ta présence dans les hauteurs sacrées et pures comme l’éclat des cieux resplendissants pour l’âme de (prénom hébraïque) fils/fille de (prénom hébraïque du père) et de (prénom hébraïque de la mère) qui est allée dans un monde qui lui est propre, car nous nous engageons à donner de l’argent à ceux qui en ont besoin/ à prier, pour rappeler son existence. Pour cette raison, toi qui es le maître des bienveillances, cache le dans le secret de tes ailes pour toujours, et tisse ce qu’il a accompli dans le réseau des vivants, l’ ‘Eternel’ est son héritage, et il/elle reposera dans la paix sur sa couche et nous disons: c’est ce que je veux.

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Ressources pour les endeuillés

Vous avez choisi soigneusement un rabbin en qui vous avez confiance. Il/elle vous mettra à l’aise, vous accompagnera à chaque étape.
Néanmoins, si vous voulez prendre un peu les devants, voici quelques éléments auxquels vous pouvez réfléchir:

La Kria: Il s’agit d’un rituel concernant le deuil, et par définition, vous n’avez probablement pas eu l’occasion de le voir réalisé. L’idée d’un rituel est de marquer extérieurement un état intérieur. Il permet un certain nombre de choses: éviter le refoulement, partager avec les autres, se rattacher à la tradition, prendre le temps de faire. La Kria est un ancien rituel, qu trouve une juste place entre le refoulement de la douleur et son sur-investissement. Les endeuillés veillent à avoir un tee-shirt sous leurs vêtements et le déchirent en prononçant la bénédiction traditionnelle “barouH dayan haémet”.

Le Kadich: Un texte vous sera remis en translittération et en hébreu (en fait en araméen). Vous pouvez vous familiariser avec le texte du Kadich des endeuillés.

L’annonce de l’enterrement: Traditionnellement on utilise l’expression “sans fleurs ni couronnes” dans l’annonce d’un enterrement juif. Cela permet à chacun et chacune de prévoir sa kipa, et de se renseigner éventuellement sur la cérémonie.

Les commandements du deuil: La tradition juive nous tient la main au cours des étapes du deuil. Pour ceux qui en sont familier, c’est une aide précieuse. Pour ceux qui ne sont pas habitués à ces pratiques, ne vous faites pas de soucis, je vous expliquerai leur sens et vous pourrez voir comment les mettre en oeuvre, de quelle façon exactement il vous conviendra de vous appuyer sur ces pratiques.

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Le Kadich

Devant la mort, les mots nous manquent.
Quels mots peut-on prononcer lorsqu’on est en deuil ? Que peut-on dire à une personne qui a perdu un proche ?
Chaque personne a sa propre approche, et le Kadich les permet toutes. Parmi les explications suivantes, certaines vous parlerons d’autres moins. C’est à vous de choisir.
Le Kadich est avant tout la façon juive de porter hommage à la mémoire de l’être cher qu’on a perdu, chacun s’accorde sur ce fait.
Dire le Kadich c’est également accepter, dans ce moment difficile, le soutien de ses proches et de sa communauté. Les proches disent le Kadich, et leurs proches leur répondent, montrent qu’ils sont là. Dire le Kadich, c’est répondre présent à l’appel de la mémoire, répondre au Kadich, c’est répondre présent aux endeuillés. Une façon de porter la mémoire ensemble.
En disant le Kadich, on pense à la personne qu’on aime, aux enseignements éternels que cette personne nous a donnés. Il est de tradition de dire le Kadich à chaque office pendant les 7 jours de deuil, puis au 30iem jour et enfin chaque année, à la date anniversaire du décès ainsi qu’aux grandes fêtes. Lorsqu’on perd un parent, on dit le Kadich autant de fois que possible pendant cette première année. On le dit à la maison ou à la synagogue. Que vous soyez « religieux » ou non et quel que soit le sens que vous attribuez à ce mot, vous avez le droit de vous appuyer sur notre tradition, à votre façon. Pour toute question, n’hésitez pas, adressez-vous au rabbin de votre communauté.

Kadich

Texte du Kadich en français:

Que soit grandi, et rendu inaltérable, le grand nom, dans le monde qu’il a créé comme il l’entendait, et que règnent ses principes,bientôt, et du temps où nous vivons encore, et du temps où vit encore la maison d’Israël,

Et dites « Je suis loyal,  que le grand nom soit béni à jamais ».

Que soit béni, et loué, et magnifié, et élevé et porté et embelli le nom de l’inaltérable qu’il soit béni, Qu’il soit élevé avec plus de force que ne peuvent le faire louanges, chants, hommages et paroles de réconfort que l’on prononce dans ce monde et dites « je suis loyal »

Que s’instaure une grande paix et une vie prospère pour nous, pour tout ton peuple israel et pour toutes les familles de la terre,

Celui qui fait exister la paix dans les cieux, fera règner la paix sur nous, sur tout israel et sur tous les habitants de la terre et dites « je suis loyal »

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Pourquoi choisir un enterrement traditionnel respectueux

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